Le moulin du Pin

 

Ce moulin semble une grande énigme, était-il situé à Saint Carné ou à Calorguen ? Y en avait il plusieurs ?
Que s'est il passé en 1747 quand on y a trouvé plusieurs morts ? Y a t'il eu une inondation qui aurait ramené plusieurs corps au pied de ce lieu ?
Il a aussi brûlé, plus tard.
Ses ruines ont été emmenées par une nouvelle crue en 1929, je crois.
Les meuniers connus qui s'y sont succédés sont Pierre COUILLAUD né en 1690 et décédé le 27 juillet 1740. Marié avec Jeanne HOURDIN il a eu 2 enfants nés en 1725 et 1729. Jean Du PONCEL, sieur des Granges fût parrain d'un des enfants de Pierre COUILLAUD.
Guillaume DOLON (1706 - 14 août 1754) semble lui avoir succédé. Un de ses enfants est décédé en 1741 au Pin. Il était marié, d'abord avec Mathurine MAUPILLE (1698 - 7 février 1751) puis il a épousé Perrine BRIAND le 4 février 1753.
Un autre DOLON, Jean (1699 - 16 janvier 1769) vivait au Pin, Marié avec Jeanne FAIGNANT (1694 - 22 octobre 1744), il a ensuite épousé Mathurine PONCEL de Trélivan le 14 février 1745. Il se mariera de nouveau le 7 février 1747 avec Marie EGAULT.
Thomas DOLON, originaire de QUEVERT frère du meunier, a aussi vécu là.

Les BMS indiquent que Guillaume PONCEL et Thacine BURBAN meuniers ont donné naissance à un enfant en 1733 au Pin.
De même, Jean MABILLE et Marie DUVAL ont aussi donné naissance en 1736 à un enfant à cet endroit.
Tout ceci accréditerait la thèse selon laquelle plusieurs moulins existaient à cet endroit ou bien que l'endroit justifiât qu'on y travaille à plusieurs, où encore que l'on y restait pas longtemps meunier.

L'accident du mercredi 8 février 1747 coûtera la vie à plusieurs personnes d'origine différentes. Elles sont mentionnées retrouvées sous les ruines du moulin, ce qui laisse à penser qu'il a été endommagé durement.
Robert GUERNIGUEN, de la Touche âgé de 60 ans, Olive BELLAY, veuve de Pierre AMELOT remariée avec Guillaume HOUEL des Loges, âgée de 40 ans, Mathurin RABION originaire de Léhon, sans doute vers les Villots y périrent.
Il faut y ajouter Joseph ESSIRARD, trois ans, fils de Pierre et Guyonne HERY de la Haute Villeneuve et filleul de Jeanne FAIGNANT, la première femme de Guillaume DOLON. Il y eut aussi Françoise EGAULT âgée d'un an et demi, fille de Julien et Françoise AMELOT habitants du Bourg. C'est finalement Laurent EGAULT d' Heunan, fils de Noël et Nicole AMELOT qui paiera le plus fort tribu. Il y perdra sa femme Françoise MANIVEL, originaire de Trévron. Il l'avait épousée le 8 février 1746, moins d'un an avant. Ils avaient un enfant, Jacques âgé de 3 mois qui est parti aussi. La sœur de Laurent, Catherine, 31 ans depuis moins d'une semaine a aussi été victime de cet accident.

S'il avait s'agi d'une crue qui apportât là, tout ce monde, il aurait fallu que tous les ruisseaux du village grossirent ensemble, et de manière telle que tous les corps arrivent au moulin sans être arrêtés par quelque tronc ou amas de branches. On doit donc plutôt penser à un éboulement ou un incendie, mais qui aurait épargné les intéressés au premières loges, les meuniers ! " Sous les ruines du moulin " était écrit dans le registre des décès.
Une rapide enquête faite sur Calorguen ou aucun décès n'a eu lieu sur la période nous conforte à penser que le moulin était bien à Saint Carné !

L'intervention récente d'une personne s'intéressant à la question, Monique COURTEAUX, qui descend de Guillaume PONCEL et Thacine BURBAN, m'a permis de voir ce qui crève les yeux.........L' accident a eu lieu le lendemain du mariage de Jean DOLON et Marguerite EGAULT. Ce fait constaté, j'ai pu vérifier que parmi les victimes se trouvaient des parents de la mariée, sa soeur Catherine ainsi que l' épouse et le fils de son frère Laurent. Il est donc permis de penser qu'il s'est passé quelquechose durant le repas de la noce, et quelquechose d'important puisque cela a conduit à l'écroulement de tout ou partie du moulin. Etait-ce un incendie, auraient t'ils dansé tant que le plancher de l'étage eût cédé ?

 

On voit, sur cette carte, trois des moulins de la région. Celui du Pont aux Monts à Trévron,sur le Guinefort, en bas, et celui du Pin, sur le ruisseau du Pont du Gué, en haut. Guillaume PONCEL et Thacine BURBAN ont vécu dans celui de Trévron avant de passer 2 ans environ dans celui du Pin . Ils sont ensuite partis à Cardevily , de nouveau en Trévron, mais tenir probablement un moulin à vent cette fois, entre les deux autres sur la carte.

Le moulin du Pin fut ensuite loué à des meuniers dont on peut relever les noms :
Année 1848 : François Baudin est meunier du moulin à eau du Pin( Arch.C.A. 12 S 2)

Années 1866-1874-1883 : Eugène Briand est meunier et habite au Pin (Matrice de
Calorguen des contributions foncières )
Année 1891 : François Chardevel, meunier, 37 ans ; Angelique Chardevel, née Thébault son épouse, 36 ans ; un enfant : Maximilien (Recencement de 1891 à Calorguen)
Années 1896-1897-1898 : François Chardevel est meunier au Pin (Matrice de Calorguen des contributions foncières )

En Mai 1898 dans le journal de Dinan paraît un article " Incendie du moulin du Pin "
Le journaliste nous relate que " l'incendie a pris par suite de l'échauffement de l'appareil à nettoyage du grain situé au 3ème étage et mis en mouvement par une courroie de transmission " (la rumeur publique dit que ce fut un incendie criminel, par jalousie.. ?)

Les dégats furent importants, tant pour le propriétaire, Mr Larère (assuré pour 12000 frs), que pour le meunier (que le journaliste nomme Duval, mais il s'agit certainement d'une erreur, ayant compris Charles Duval au lieu de Chardevel) ; pertes 300kgs de blé, 3500 kgs de farine et divers matériels.

Il semble que ce fut la fin du moulin qui tournait depuis…. ?? En 1929 la crue du 16 septembre eut raison des ruines qui furent emportées en contrebas sur la parcelle appelée " le pré du moulin ", qui en rappelle l'existence passée ; L'emplacement qu'il occupait se trouve aujourd'hui sous la route au carrefour du Pin.

On constate que le moulin est à l'époque situé sur Calorguen. Selon Roger AULAGNIER qui m'a communiqué les informations concernant le moulin au 19ème Siècle, Le tracé des communes réalisé en 1789 a fait qu' il a quitté Saint Carné pour Calorguen. Cependant, sur le cadastre de 1809, il est encore en Saint Carné. Il n'y avait donc qu'un moulin et c'est probablement l'histoire de France qui l'a fait changer de commune. Il aura finalement disparu en 1929, lors de la crue du 16 septembre qui aura fini de le détruire. C'est après le feu, l'eau qui lui permit de fonctionner qui l'aura fait disparaître à jamais. Un nouveau mystère aussitôt apparait.............. Un document nommé grand de la Terre du Pin daté de 1788 fait mention d'un moulin à vent au Pin près de la maison....... dans le meilleur état, plus loin on lit que des fourches patybulaires à 4 piliers sur la montagne du Tertre Renard sur laquelle était aussi cy devant un moulin à vent. Cela signifiait que la Terre du Pin pouvait faire justice. Un article paru dans le bulletin municipal de Calorguen en janvier 2003 précise que le moulin était muni d'une roue à augets dont la canalisation était encore visible il y a une dizaine d'années. Le symbole de ce moulin sur la carte de Cassini est bien celui celui d'un moulin a eau. Décidemment ! Si vous, lecteur de cette page disposez de quelque information à ce sujet, je vous en conjure, offrez la moi , cela aidera à y voir plus clair sur le sujet.

Au mois de mars 2008, j'ai découvert que le moulin du pin avait fait l'objet d'un arrêt du Conseil d' Etat en date du 17 septembre 1854. Un différent opposait Monsieur LARERE, le propriétaire (LAZERE dans le texte) et Monsieur DELAUNAY, sans doute le meunier de l'époque. On y apprend que le loyer est descendu de 800 à 482 francs. Je dispose du document si cela passionne quelqu'un ! C'est extrait du Recueil général de la jurisprudensce des cours de France et de Belgique par Monsieur de VILLENEUVE.

 



© Serge ROSÉ 2004