Saint Carné, la généalogie et moi.

 

Je ne suis pas né à Saint Carné, mais à Paris. Je suis pourtant convaincu d'y avoir mes racines. Mes parents y ont passé leur jeunesse, Ma mère y est arrivée à l'âge de 9 ans, je crois, et mon père y est né. Tous deux s'y sont mariés en 1953 sans savoir qu'ils avaient un vieil ancêtre commun, Bertran HOMO né en 1655 à Evran, dont je me trouve être, du fait de cette union, le premier "double" descendant, et j' ai fait mon premier voyage à Saint Carné à 3semaines m'a t'on dit. En tout cas, le 25 septembre 1955, à un mois et demi, j'y ai été baptisé dans l'église au clocher penchant qui date de 1666 !
Ensuite, j'y ai passé toutes mes vacances scolaires, d'abord dans la maison de mes grands parents HOMO au Chaffaud . C'est dans cette maison que j'ai vécu un tremblement de terre, probablement en 1959. C'est aussi là qu'une chouette est, une nuit d'été, venue troubler notre sommeil. Je montais sur le cheval de la ferme, je nourrissais les poules. Puis ensuite, vint l'époque de la maison que mes parents ont pris en location, toujours au Chaffaud, mais de l'autre côté de la rue, dans la maison habitée précédemment par Léon COLEU et son épouse, à côté de chez Henri Le BRETON. C'est dans cette maison que j'ai vu arriver l'eau courante dans le bourg, c'est là encore que j'ai appris le décès de Georges POMPIDOU à la radio. Avant l'eau au robinet, on allait au puits chercher le nécessaire au quotidien dans de grands seaux métalliques et ma mère faisait la lessive au lavoir. C'est là aussi que j'ai dessiné mon premier arbre généalogique qui s'arrêtait à mes arrières grands parents, et toutes les dates n'étaient pas connues !
Toutes les vacances scolaires, à l'époque, cela faisait pas loin de 4 mois par an.
En 1974, mes parents ont acheté la maison de la rue de la Chambre. C'est l'époque à partir de laquelle je suis venu moins souvent, plutôt, moins longtemps à chaque séjour.
Ils y seront restés, leur retraite durant de 1982 jusqu'en 2003, un retour aux sources en quelque sorte.
Saint Carné, c'est pour moi beaucoup de souvenirs d'enfance ; les vaches que l'on allait garder, les travaux des champs auxquels je participais avec mes cousins, le cochon que l'on tuait à la ferme et la fricassée du lendemain, les battages dans la cour avant l'apparition des premières moissonneuses, la baratte et l'écrémeuse, les parties de ballon dans le pré à Percevault, les cabanes sur les talus des prés ou dans les arbres, les cerises et les noisettes que nous allions cueillir ou encore les châtaignes ou les champignons que nous allions ramasser en famille. J'ai aussi la nostalgie des bleuets qui bordaient les champs de blé, en ce temps là. C'étaient les trouvailles que nous faisions au Tertre. Plus tard vinrent les interminables parties de tarot dans la grange, chez Gilles .
Saint Carné, c'est aussi la lecture de Ouest France, avec Lariflette et le concours de l'été ou l'un d'entre nous était fort brillant, Le Petit Bleu et même La Terre, le journal des agriculteurs que je connaissais.
C'était aussi la fête annuelle avec ses bateaux, ces balançoires en bois qu'on élevait à la force des bras et le chapiteau du bal qui était monté sur la place de l'église, que nous nous amusions à traverser suspendus aux armatures, ce qui nous valait de superbes ampoules de plusieurs centimètres au creux des mains. Il y avait aussi les matchs de foot au terrain des sports, le dimanche après-midi et les longues balades en vélo et plus tard en solex ou en mobylette.
C'était encore les commerces du village, Chez Madame OUICE, Madame ROBERT, Madame GOURD et Madame YVERGNIAUX, ou nous allions faire les commissions. Chez Madame ROBERT, c'était la vitrine de bonbons qui impressionnait, J'y ai laissé bien des pièces de 100 sous. Les bonbons à 1 centime étaient courants à l'époque, on les choisissait dans de gros bocaux de verre bouchés à l'émeri, en plus certains étaient gagnants et donnaient droit à un de plus. C'est là qu'est apparue aussi la première vitrine réfrigérante du bourg avec les produits laitiers BESNIER ou l'on trouvait les diapositives de la conquête de l'espace.
L'étude généalogique que j'ai faite, en compagnie de mon père, nous a montré que du côté de ma mère, des ancêtres avaient déjà vécu à Saint Carné, des GUILLARD, jusqu'en 1756 ainsi que des AMELOT
Du côté paternel, les racines Carnéennes sont plus ancrées, les HERBERT, HAMON, EGAULT, Le SAUVAGE, AMELOT, Le BIGOT et DANJOU ainsi que bien d'autres encore étaient là depuis bien longtemps déjà, sûrement avant 1600. Bertran HOMO, à Evran, l'ancêtre commun à mes parents avait dans son ascendance des ROZE, son épouse, Toussainte FOLEDRO aussi, n'est-ce pas étonnant ?

 

© Serge ROSÉ 2004